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soins palliatifs et Art-thérapie : offrir un temps d’évasion aux patients

Se redécouvrir vivant, capable de créer et de désirer, même au crépuscule de sa vie. L’art-thérapie en soins palliatifs offre un temps pour soi précieux, tant pour le patient que pour sa famille. Bien que sa pratique soit encore peu répandue, elle constitue un accompagnement bienfaisant vers la fin de vie. Entretien avec Valérie Grondin, art-thérapeute.

Peut-on vraiment suivre une thérapie à la fin de sa vie ?

Valérie Grondin : Cette temporalité différente n’empêche en rien de mettre en place un processus thérapeutique. Le cadre de la thérapie doit seulement être repensé pour apporter à chacun un accompagnement qui s’accommode de l’incertitude du lendemain. En temps normal, lorsque l’on s’engage dans l’art-thérapie, la sortie ne peut se faire, en accord avec le thérapeute, qu’une fois un certain cheminement réalisé. En soins palliatifs, en fonction des personnes, il peut n’y avoir qu’une seule séance de dix minutes ou de multiples séances d’une heure. Il faut souligner que cette proximité relative avec la mort n’enlève en rien la vitalité de la plupart des patients ! Nous avons trop tendance à considérer les unités de soins palliatifs comme des mouroirs, en réalité, la vie cherche à s’exprimer même dans les derniers instants. Et l’art-thérapie est un moyen extraordinaire de libérer cette énergie vitale.

Justement, compte-tenu de cette temporalité variable, que peut apporter l’art thérapie aux patients ?

Valérie Grondin : En soins palliatifs, l’art-thérapie est avant tout une rencontre, la simple possibilité de pouvoir parler d’autre chose que des soins ou de son quotidien, souvent morose. A l’Institut Jeanne Garnier où j’exerce, je dispose d’un atelier, une « excuse » parfaite pour sortir le patient de sa chambre. Cela peut nous paraître anecdotique, à nous qui ne sommes pas confrontés à cette réalité, mais parfois, même quand les personnes peuvent sortir de leur chambre, elles ne le font pas. Elles restent enfermées pendant des semaines et des semaines car pour elles, la fin, c’est cette chambre. Le « but » de leur séjour est de mourir là. Sortir de cette pièce pour aller visiter l’atelier provoque déjà un certain changement dans leur perception. Ensuite, quand s’offre à eux la possibilité de faire de l’art thérapie, elles sont souvent déstabilisées par cette idée d’avoir un projet annexe à ce grand projet qu’est la fin de vie. Et qui ne dépend pas directement de lui. Mais il faut aussi penser à ceux qui refusent d’y participer, c’est une occasion pour eux de pouvoir dire non, car en soins palliatifs, il n’y a en général pas de choix : il faut faire avec. L’art-thérapie est une fenêtre qu’ils sont libres d’ouvrir ou non

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admin7905

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